Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 14:16

Avec l'Automne, nous rentrons dans une période propice à la cuisine.

Je me délecte dès lors des couleurs dont se parent en ce moment petit à petit les arbres.

Alors que mes premiers faisans non plumés, viennent envahir mon congélateur, la vue de leur plumage sonne comme un rappel aux couleurs de la saison.

 

Il suffit aussi de regarder depuis sa fenêtre les hordes d'oiseaux migrateurs pour se dire que l'automne est  la saison du gibier à plume auquel succèdera progressivement les petits gibiers à poils et avec l'arrivée de l'hiver les gros gibiers et la bonne cuisine familiale (pot-au-feu, bourguignon, plats en sauce).

 

Il est important, je dirais même essentiel de respecter ce que le terroir et les saisons nous proposent.

L'Homme évolue au rythme des 4 saisons, et chacune influe sur sa condition, tant physique que psychique.

 

Ce que nous constituons en hiver devra être "transformé", "brûlé" au printemps (la renaissance) afin de se préparer à l'été.

L'automne tout comme le printemps prépare le corps à une des 2 saisons clés : "l'hiver".

Nous allons donc passer d'un régime alimentaire en principe relativement simple, à quelque chose de plus fournit, allant crescendo vers un régime consistant.

 

Le vin, produit vivant va lui aussi subir une transformation avec le changement progressif de température, il va un temps se refermer, pour ensuite se rouvrir, les vins les plus puissants en premier...

En ce moment mes vins ne causent plus trop, et cela je le vit chaque année à la même période. Il me faut donc attendre quelque semaines, voir 1 ou 2 mois avant que les vins n'aient pris la mesure du changement qui n'est pas hydrométrique ni lié à la température du lieu, mais bien à la saison, j'en suis convaincu.

En attendant, seuls les vins stockés en armoire ne subissent que très peu de transformations et peuvent être servis sans risque.

 

Côté culinaire :

Je ne pourrais que conseiller d'aller vers des produits intermédiaires, qui sont intéressant à travailler.

Pour mémoire : les Courges sont la plus parfaite expression de l'automne. Il s'agit de fruits particulièrement attrayants.

Les courges musquées de Provence et les Butternuts, en sont sans doute les meilleurs représentants.

Mais ce n'est pas en soupe que ces courges donnent le meilleur d'elle même, mais en purée.

Découpées en morceaux, cuites à la vapeur avec 2 ou 3 pommes de terres du thym et du laurier, il suffit ensuite d'écraser le tout grossièrement à l'aide d'un presse purée, de saler, poivré, rajouté un peu de muscade, crème culinaire et beurre en plus.

Le résultat est des plus intéressants, d'autant qu'il accompagnera parfaitement de grosses saucisses de Toulouse grillées mais également une Morteau.


Côté viande de saison :

Cailles, faisans, perdreaux, bécasses, pintade, canard sauvage sont autant de gibiers à plumes et volailles qu'il convient de servir en cette période.

Travailler les petits gibiers (cailles, perdreaux, grives etc.) dans leur plus simple appareil est un vrai plaisir.

Ils ne nécessitent, à l'exception du faisan que peu de travail tant leur qualité gustative se suffit à elle même.

Cognac, poitrine, chasselas, Cèpes, choux et girolles constituent une base de travail plus que suffisante pour apprécier ces mets tout en les laissant s'exprimer pleinement.


Côté vin :

Les Bourgognes rouges et blancs de la côte de Beaune sont à l'honneur, ainsi que les grands vins de la rive droite à Bordeaux, les Margaux et les côtes de Provence.

Je préfère attendre pour ma part la fin de la saison pour sortir les grands vins du Rhône et du Languedoc, les côtes de nuits, ainsi que les grands Médocs.

 

En sommes l'Automne loin d'éteindre nos sens, nous amène progressivement à passer plus de temps à table, et pourquoi pas par la même occasion à travailler nos amitiés. Le soleil étant moins présent, il suffit dès lors de compenser ce manque, par plus de convivialité.

Ainsi une plus grande générosité en cuisine apportera au corps et à l'esprit un plus grand réconfort pour mieux aborder l'hiver.

Par Jean-Aubert DUFAUX - Publié dans : Humeurs
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 23:32
Comme beaucoup on pu le remarquer, les foires aux vins battent leur plein en ce moment.

Pour beaucoup il est difficile de s'y retrouver, mais elles restent attractives de part le fait qu'elles proposent un grand nombre de références.
En cuisine, pour ma part les accords mets-vins sont la base de la réussite du service qui s'en suit.
Je n'articule pas ma cuisine ou peu autour des vins, mais j'exige par contre que les vins proposés lors d'un repas se mettent au service de celui-ci. Les vins accompagnent les plats et non l'inverse.

Cette année les FAVs m'ont plutôt séduites de part le retour de certaines références que je n'avais plus vu depuis fort longtemps.

Chardonnay d'Ardèche de Louis Latour, cotoie bien sagement des sancerres de Joseph Melot, ou bien des vins de découverte (je citerais Arte Benedicte, un Madiran de coopérative très réussit)
Si une règle cette année était de mise (ne pas trop s'attarder sur le millésime 2007 en Bordeaux) cela était l'occasion d'aller sur d'autres appellations, Bandol, Sud-Ouest, Lubéron qui étaient plutôt pas trop mal servit par le millésime.
Les blancs eux aussi étaient à l'honneur, je n'ai pas pu résister à me procurer quelques Clos Floridène (Graves), issus du travail acharné de Denis Dubourdieu que j'avais découvert grâce à son apport au Château Carbonnieux (blanc) pour lequel j'ai un faible depuis toujours sur les vieux millésimes.

Je dirais que l'on doit diversifier au maximum les vins et les régions afin de répondre au mieux aux attentes des plats que l'on désire servir.
Prochainement à cet égard je publierais avec quelques nouvelles recettes de ma composition, des notes d'accords.

Ma pour en terminer avec mon billet sur la FAV 2009, qui loin d'être un grand cru m'aura donner envie de signaler ce qui pour moi me semblent être quelques valeurs sûres à se procurer, je ne mentionnerais cependant pas les enseignes vous trouverez votre bonheur ici :

- Lubéron : Val-Joanis "les griottes" 2007

- Châteauneuf du pape : Château la Gardine 2006

- Madiran : Arte Benedicte 2006 et Montus 2004

- Coteaux de l'Ardèche : Louis Latour 2008

- Mercurey vieilles vignes : les Montelons du Château de Santenay 2007

- Vosne Romanée : Domaine NOELLAT 1ER CRU BEAUMONT

- Clos de la coulée de Serrant 1983 Nicolas Joly

- Moulis : Château Mauvesin 2005 (rapport Q/P unique) et  Château Anthonic 2005(grand vin)

- Graves blanc : Clos Floridène 2007 et 2008, Carbonnieux 2007

- Sauternes : Château Doisy-Daene 2007

- Margaux : Château Dauzac 2005

- St Estephe : Calon Segur 2006

- Pauillac : Château Pontet-Canet 2006, je le préfères au 2005, le travail remarquable de Jean-Michel Comme a porté ses fruits, Pontet-Canet doit être soutenu car les risques qui ont été pris et ce qui a été accomplit (à quel prix!!!) méritent un coup de chapeau. Aujourd'hui il s'agit d'un des plus grand du médoc mais j'en reparlerais prochainement, et si j'ai l'occasion de pouvoir faire intervenir Jean-Michel Comme sur ce Blog, il pourra peut-être apporter une contribution quant à l'histoire des vins du château et leur évolution avec les années.

- Nouveau Monde : OPUS ONE 2005 - Mais là tout est histoire de budget...

Je ne commenterais pas l'ensemble des vins mentionnés car il y a d'autres blogs ou Forum sur lesquels vous trouverez beaucoup d'informations.

Mon prochain billet sera sur l'automne, qui est probablement l'une des saisons les plus attrayantes d'un point de vue culinaire.
Par Jean-Aubert DUFAUX - Publié dans : Humeurs
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Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /Jan /2008 10:24

Je reprendrais ce vieil adage afin de présenter ce blog qui se veut résolument porté sur le vin, la cuisine mais aussi l'humanisme.

Qui d'autre que François Rabelais pourrait ne pas en être le meilleur ambassadeur ?

 Parce que nous retrouvons bien souvent dans ce que nous appelons les "brèves" de comptoir une certaine forme de vérité dépouillée de toute retenue non déguisée.

Sans en détourner le sens, je pense qu'en vin chez moi jaillît jadis la soif de la recherche de l'accord culinaire. Ceci je le dois je penses à cette passion pour ce breuvage antique que je découvrît un jour bien malgré moi lors d'un dîner organiser par mes parents dans un temps aujourd'hui reculé, ou je compris bien vite que le meilleur verre étais bien le dernier en attaquant le cul d'un certain Château Latour 1953... Quel c...l !!!

15 ans plus tard je tombais dans le verre.

 Etant un amoureux des arts culinaires et mettant en pratique de façon quasi-quotidienne un certain goût pour ces arts qui m'a été transmis par mon paternel, je suis en permanence à la recherche de l'accord parfait (met-vin).

Je poserais alors un certain regard sur la cuisine que je ne conçois pas comme beaucoup par la perfection de la présentation ou la précision des saveurs.

Je pense que la richesse d'un met provient justement de petits détails qui peuvent passer pour des imperfections chez certains "rigoristes" mais vont en réalité donner au plat une personnalité propre. N'avez-vous dons pas remarqué en cuisinant que chacune de cos humeurs pouvaient se retrouver dans vos plats comme autant de petits défauts qui accorde celui-ci à votre personne et en font le charme...

Autant de sens cachés ne doivent cependant pas détourner le convive du but que je recherche, à savoir créer une ambiance, l'amener sur un terrain que je veux propice aux échanges. C'est en quoi cuisine se marie donc admirablement avec humanisme.

Le vin apporte quant à lui son lot de "vérité". Il est l'élément vibratoire nécessaire à tout bon repas, les accords les plus vibrants ne sont d'ailleurs pas ceux auxquels nous pouvons nous attendre...

Un Haut-Brion rouge d'un âge avancé, se mariera à la perfection avec un foie gras poêlé et fruits secs, je le préfère à un moelleux qui pour moi ne fait qu'amplifier à l'excès certains arômes (ton sur ton).

Je pense qu'un accord réussit l'est à partir du moment ou la surprise est réussit, ou notre être nous renvoie un message de quiétude et nos papilles un frisson, un peu à la manière des quintettes de Mozart pour clarinette et instruments à corde.

 
J'espères donc que vous prendrez autant de plaisir à lire mes billets d'humeurs autour des arts culinaires, mais aussi...et ce afin de sortir quelque peu des sentiers battus, je parlerais aussi des effets "subjectifs" bien sûr produits par la communion qui peut résulter d'un bon repas entre convives.

 
Et pour conclure cette petite mise en bouche, je citerais une fois de plus Rabelais : "Chacun abonde en son sens.".

De cette citation je tirerais la conséquence qu'il est bien difficile à l'Homme d'être à l'écoute de l'autre tant la passion prend parfois le pas sur la raison. Ainsi j'essaierais de rester le plus neutre possible car chacun trouvera table différente à son goût, et si personne ne peut être réellement objectif, j’espère apporter à chacun de mes lecteurs un peu de rêve et une certaine idée de l'échange et de la convivialité.

Par Jean-Aubert DUFAUX - Publié dans : Humeurs
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